07.02.2006

Le collectif reçu par le recteur 7 février 2006

Comme convenu vendredi 3 février, une délégation du collectif Lycées Ruraux de Bourgogne a été reçue par le recteur Dugrip ce mardi 7 février à 14h15.

La délégation était constituée de 12 personnes : enseignants, élèves, parents, et élus du Conseil Régional.

L'entrevue a duré 1h30, mais de nouveau le Recteur s'est montré inflexible. Il prône la concertation pour la mise en place d'une offre de formations cohérentes à l'horizon 2010, mais décidera seul pour ce qui concerne la rentrée 2006.

La situation des espaces ruraux ne le préoccupe pas, la majorité des Bourguignons habitant l'espace périurbain, pourquoi s'intéresser à ceux qui ont fait d'autres choix de vie? ou qui n'ont pas d'autres choix que de vivre dans ces espaces?

Compte-rendu complet de l'entrevue, réalisé par la collègue de Toucy.

 


Etaient représentés les lycées de Varzy (58), Tonnerre (89), Toucy (89) et Decize (58), portant la parole des lycées ruraux de Bourgogne

 

Arguments du collectif

- Perte d’heures

- Pertes d’emplois

- Fragilisation des établissements

- Laisse les élèves dans le désespoir car beaucoup de parents n’auront pas les moyens financiers d’assurer une poursuite d’études externalisée donc des élèves non diplômés.

Demande d’un calendrier de travail pour revoir les propositions de suppression

Exemple de Clamecy : 2000-2004 : hausse des effectifs. Les suppressions affectent ½ de l’effectif de l’établissement. L’établissement sera-t-il alors viable ?

Il n’y a pas de transports régionaux et les gamins vont se retrouver dans la rue, sans diplôme.

 

Arguments du recteur

Il faut adapter l’offre de formation à la situation. Sans recul, de manière qui peut apparaître irréfléchie et brutale dans ses effets d’annonce et dont les conséquences sont non négligeables.

Il a reçu les élus de trois départements. Une réflexion d’ensemble doit être menée sur 4-5 ans à l’horizon 2010, pour réfléchir à la mise en place de l’offre de formation dans le territoire rural.

 

1er élément : Baisse des effectifs

L’Education nationale est le dernier service public à être présent dans le milieu rural et le dernier à devoir s’adapter. Dans les années 60-70, mise en place d’offres de formation diversifiées compte tenu d’une situation démographique et avec une orientation politique qui ne correspond plus aux réalités du terrain.

Baisse de 20 000 élèves depuis 1995 surtout dans l’enseignement public, soit une baisse de plus de 12% des effectifs. Moins 2096 élèves à la rentrée 2006 (1,6% des effectifs)

 

2ème élément : Contexte économique et budgétaire

Augmentation de l’endettement de l’Etat (déficit important). Il faut rétablir l’équilibre financier public car la situation des contribuables actuels et futurs est compromise.

L’Etat fait des économies.

ð Il faut affecter les moyens en fonction de l’implantation des élèves (l’académie perd des élèves au profit des académies de Grenoble, Aix, Toulouse, Montpellier)

Postes supprimés dans l’académie de Dijon

         - 190 en 2004

         - 314 en 2005

         - 186 en 2006

         - 690 postes à rendre = 7% de l’effectif total de l’enseignement de l’académie

 

Le recteur fait avec les moyens dont il dispose

 

Depuis 1998, les moyens d’enseignement ont moins baissé que la démographie scolaire. Cela augmente la qualité du service public car il y a plus de moyens. La dotation est > 1,6% par rapport à la moyenne nationale.

 

3ème élément : Concrètement, sur le terrain, l’académie a une physionomie très rurale avec un déplacement de la population vers la périphérie des villes. D’où la création de collèges autour de Dijon. Diminution de la population en ville et dans le monde rural.

Dans les zones rurales : baisse des élèves mais qui ont plus de difficultés. Il faut ajuster les moyens aux réalités sociodémographiques. Il existe des formations avec des effectifs élèves très réduits depuis plusieurs années.

Souci : assurer la pérennité des établissements.

Pour maintenir ces établissements ouverts, il faut resserrer l’offre de formation sur un certain nombre de filières pour assurer la pérennité de l’établissement car on ne pourra pas maintenir partout. Il faut faire des choix.

 

Sur la question du maintien et du regroupement des formations post bac :

  • Impossibilité dans tous les chefs lieu de canton
  • un élève dans un gros établissement a plus de choix pour vivre dans un climat intellectuel porteur
  • construction d’internat, prévoir la restauration etc.
  • Il faut élaborer une carte de formation à échéance 2010.

 

Prise de décision et notification aux chefs d’établissement et aux responsables syndicaux présents à la CTPA la fin de la semaine pour organiser le mouvement académique.

Ne peut pas revenir sur tout. Des mesures seront revues, en nombre limité, pour éviter les espérances inconsidérées.

 

 

Arguments du collectif

La fermeture de certains BTS va faire perdre de l’attractivité de certains lycées.

Tonnerre : 11 élèves en BTS

Seulement 48% de réussite au bac en 96 puis 58% en 97 puis 72% en 98 et 99 puis 92% en 2000. 2ème lycée de l’académie ce qui montre bien le coté dynamique apporté par le BTS ATI (le seul dans l’académie)

 

Arguments du recteur

Le BTS ATI a été maintenu avec l’espoir de voir les effectifs augmenter. Or, les élèves sont originaires de Tonnerre et des environs très immédiats. Il faudrait un intérêt plus large dans l’Yonne.

Pour maintenir ce type de formation, il faut réfléchir au site d’implantation le plus pertinent. Faut-il le déplacer dans une ville plus attractive, avec des transports et une capacité d’accueil, de restauration et d’hébergement plus importante ?

Dans chaque département, deux ou trois établissements sélectionnés ensemble (avec le collectif) en y implantant des formations attractives et on se donnera les moyens d’y accueillir les élèves.

On ne pourra pas maintenir les formations avec aussi peu d’effectifs.


Arguments du collectif

Pour augmenter les effectifs, il faut faire des efforts de communication, dans les salons par exemple. Il faut informer les collègues des autres établissements. Il faut réfléchir à l’information des collègues. Des élèves sont encadrés et réussissent par rapport à la fac où ils sont plus libres.

Nous avons tous au niveau rural, des qualités intéressantes.

 

Decize : proposition à coût zéro (DGH inchangée), l’option SMS en seconde. Demande refusée alors que la filière est attractive. D’ici à 2010, les lycées ruraux sont morts car on rogne des heures chaque année. Problème lié à la ruralité : suppression des options qui suppriment les effectifs corrects pour le lycée.

 

Les gens sont désespérés.

Si les décisions sont maintenues, des tensions vont apparaître d’ici fin juin.

 

Arguments du recteur

L’académie doit rendre 186 postes

Economies alternatives

Quelle que soit la forme prise, l’académie doit rendre 186 postes.

 

Arguments du collectif

Un poste supprimé n’a pas les mêmes conséquences dans un gros établissement que dans un petit établissement qui le met en péril

 

Arguments du recteur

Il faut mettre les formations et les équipements pour accueillir les élèves.

Budget de l’EN : + 3,5% (plus gros budget de l’Etat) soit 58,5 milliards d’euros = l’impôt sur le revenu des français.

Il existe quelques mesures sur lesquelles il peut revenir

Les choses seront réexaminées, revues, suspendues ou reportées.

 

Arguments du collectif

Si suppression de postes : on fait « valser » les établissements dans lesquels les collectivités territoriales ont investi.

Demande d’une réunion de travail par département

 

Toucy : qu’en est-il du budget des parents ?

Les parents doivent-ils déménager ?

S’ils ne peuvent pas financer des études longues ?

Les enfants n’ont pas tous envie d’aller dans les formations générales.

 

Arguments du recteur

Il faut augmenter les filières générales pour assurer la pérennité de Toucy.

Il faut changer la tendance. Il faut augmenter le niveau général (< 4,5 points en Bourgogne par rapport à la France)

 

Arguments du collectif

Dans les petits lycées, les élèves vont arrêter leurs études et n’iront pas en filière générale. D’où des élèves n’ayant aucun diplôme. Cela aura un coût social supérieur aux suppressions dans les petits établissements.

 

Le recteur met fin à la séance.

 

 

Trackbacks

Compte-rendu : Dijon 7 février 2006

Sur le site SOS lycées ruraux, compte-rendu détaillé Le collectif reçu par le recteur 7 février 2006 Pas très réjouissant !  

Trackback par : NON à la suppression de la 1ère STG à Toucy | 08.02.2006

Commentaires

Communiqué du Secrétariat départemental SN FO LC

Cher(e)s camarades,

Nous soutenons la lutte des lycées ruraux de la Nièvre avec nos sections syndicales locales.
Nous étions présents aux manifestations du 2 février 2006 à Clamecy et à Nevers.
Nous appelons également, avec notre confédération CGT-FO, à la journée de grève unitaire interprofessionnelle du 7 mars 2006 contre le Contrat Première Embauche.
Nous sommes convaincus que CPE, CNE, transfert des personnels TOS, privatisation de la fonction publique, suppression de postes sont les aspects d'une même logique de régression sociale qui revient à supprimer tous les salariés à emploi stable (CDI et statuts).
On rappelle les revendications de FORCE OUVRIERE :
1) retrait du CPE/CNE
2) Rétablissement de tous les postes supprimés aux concours
3) Aucune fermeture de sections, ouverture des postes et classes nécessaires
4) Augmentation générale des salaires par l'augmentation du point d'indice, augmentation des pensions.

Nevers, le 27 février 2006

Écrit par : Syndicat FORCE OUVRIERE des lycées et collèges de la Nièvre | 27.02.2006

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