02.02.2006
Lettre déposée auprès de la sous-préfecture de Clamecy le 2 février 2006
Les personnels, les élèves et les parents d’élèves du Lycée ROMAIN ROLLAND tiennent à exprimer leur indignation devant les mesures envisagées par Monsieur le Recteur de l’Académie de Dijon pour le lycée de CLAMECY : il s’agit de fermer la filière technologique en supprimant dès la rentrée 2006 les classes de seconde BEP MDS (Métiers du Secrétariat) et MDC (Métiers de la Comptabilité), une classe de Terminale STG (Sciences et Technologies de la Gestion) en privant l’établissement de l’option Communication et Gestion des Ressources Humaines et le BTS Assistant de Gestion de PME-PMI. Il faut encore y ajouter la suppression de 40 heures d’enseignement dans la DHG (Dotation Horaire Globale) : il s’agit là d’un démantèlement de tout le potentiel éducatif du lycée, démantèlement qui menace à court terme son existence même.
Personnels, élèves et parents tiennent à souligner les incohérences de ces choix : on ne peut sans dommage contraindre à rejoindre les filières d’enseignement général des élèves dont les familles ne peuvent financer les études longues et lointaines qu’exigent ces filières. Ne trouvant pas localement de formations adaptées à leurs moyens, ces élèves resteront localement des chômeurs ; s'il s’agit là de les pousser sans le dire vers l’apprentissage, croit-on vraiment que c’est sur un territoire rural que l’on trouvera une offre riche et diversifiée d’entreprises tutrices ?
Au moment où les collectivités locales, la Région, l’État et l’Union Européenne jugent utiles des investissements financiers destinés à lutter contre la dévitalisation des zones rurales, faut-il qu’une décision arbitraire vienne ruiner ces efforts ? Car le lycée de CLAMECY, comme les établissements ruraux du même genre, joue un rôle économique et social essentiel. La filière que Monsieur le Recteur envisage de démanteler correspond aux besoins des entreprises locales et permet de retenir des jeunes sur le territoire du Haut-Nivernais.
Conscients de l’importance de ce rôles, les élus de la Région (et donc les contribuables) ont consenti de lourds investissements en faisant construire une cuisine qui n’est même pas encore achevée. Au CAEN (Conseil Académique de l'Éducation Nationale) qui s’est tenu le 16 janvier 2006, ces mêmes élus, ainsi que des représentants des syndicats et des usagers ont massivement voté (par 13 voix contre 3, et 2 abstentions) contre ce projet du Rectorat tandis que le Préfet de Région lui-même semble émettre des réserves.
Les personnels, parents et élèves du Lycée ROMAIN ROLLAND se sentent méprisés. Ils éprouvent, selon le mot d’un parent d’élève le sentiment qu’"ils sont nés au mauvais endroit" et que, désormais, certains dans ce pays n'ont plus les mêmes droits que les autres.
Ils s'adressent à ceux qui sont en charge de l'avenir de ce territoire pour qu'ils fassent reconnaître le droit d'un accès aux services publics ouvert à tous et pour qu'ils empêchent que les habitants du monde rural soient poussés au désespoir et à la colère par des mesures injustes de gestion à courte vue qui contredisent les principes républicains d'égalité et de fraternité.
Les représentants mandatés
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